Yogui et Haïti vus d'ici et là-bas...
"Mein ampil chay pa lou" (A plusieurs mains, la charge est moins lourde)
Publié le 23/06/2008 à 11:19, Mots clefs : - Ajouter un commentaire
Lundi 23 juin
- Bonjou, kouman ou ye ?
- M’pa pi mal ! E ou mem ?
- Mwen la !
Et oui ! L’été est parmi nous !
Il n’y a pas qu’à Haïti où il fait chaud !
C’est quand même le moment où on mange pour moins de 160 gourdes (équivalent à moins de 3€ dans la monnaie locale), où on boit de la bière sans goût, où on se permet d’apprécier le bon breuvage made in USA, au doux nom de CocaCola, où on s’offre des vêtements griffés ralph lauren pour 1€ et où on se délecte de cocktails à la mangue, papaye et citrons… rafraîchissant !Mais que peut-on découvrir d’autres dans ce pays si lointain et si riche de vie… ?
D’après le site RITIMO (Réseau d’Information et de Documentation pour le Développement Durable et la Solidarité Internationale) où l’on retrouve des dossiers sur certains pays, dont Haïti :
Repères : Indicateurs :
Superficie : 28 000 km² Mortalité infantile: 72 ‰
Population : 8.5 millions Espérance de vie : 53 ans
Densité de population : 300 / km2 Croissance démographique : 2,3 %
Langues officielles : Français et Créole haïtien Taux de chômage : 32.7%
Régime : République Taux d’analphabétisme: 48%
Président depuis 2006 : René Préval Indice de développement humain : 0.475
Haïti est donc la partie Ouest de l’île d’Hipaniola, la partie Est étant la République Dominicaine.
Son histoire débute en 1492, lorqu’elle fut découverte par Christophe Colomb. Très vite, elle fut le lieu de l’esclavage. Mais l’histoire en en voulu autrement. Car l’île ne possède pas de grandes ressources telles que l’or ou l’argent et sera délaissée par les Espagnols.
Au 14ème siècle, les Français vont s’installer dans le nord de l’île et y introduiront des cultures coloniales : canne à sucre, café, cacao et coton. L’île devient riche et à la fin du 18ème siècle, elle est la colonie la plus riche du monde. Elle produit à elle seule 85% de la production mondiale de sucre. Cette richesse repose sur le travail des esclaves importés d'Afrique. Mais en 1791, les esclaves noirs se révoltent pour que leur soient appliqués les principes de la révolution française « tous les hommes naissent libres et égaux en droit ». Toussaint Louverture, noir, chargé de l’administration d’un domaine, affranchi, prend la tête de cette révolte. Le pays devient alors le premier à déclarer l’abolition de l’esclavage, en 1794.
Haïti, malgré sa forte personnalité, se retrouve isolée, car mal perçue par les autres pays et, surtour, par les Etats-Unis. En 1825, Charles X reconnaît Haïti moyennant le remboursement des terres confisquées, soit la somme 90 millions de francs-or, ce qui représente une année de budget de la France de l’époque. Cette dette, très préjudiciable au futur développement économique du pays, sera payée jusqu’en 1893. Haïti obtient une reconnaissance sur la scène internationale et se présente comme le symbole de la dignité noire. En 1919, Haïti fera partie des membres fondateurs de la SDN (Société des Nations) par la signature du Traité de Versailles. Plus récemment, Haïti a aidé la France à faire du français une langue officielle aux Nations unies.
Mais le pays ne connaîtra pas la paix et la stabilité politique nécessaires à son bon développement. Il s’agit de l’un des pays les plus pauvres du monde : sur l’indice de développement humain (IDH) établi par l’ONU, il figure au 153ème rang sur 177 pays.
Ce petit pays, pauvre économiquement mais riche de son histoire et de sa culture, se trouve confronté à plusieurs grands défis, dont un défi politique qui vise à créer un véritable Etat-Nation qui permettrait de créer les conditions nécessaires à l’émergence d’une économie. Et un défi écologique, avec la nécessité de repenser le modèle agricole vers une agriculture raisonnée s’inscrivant dans une logique de développement durable.
L’économie haïtienne est essentiellement rurale et agricole, les deux tiers de la population vivant en milieu rural. L'agriculture, bien qu'elle souffre d’un manque d’engrais, d’outils et d’irrigation, reste le principal secteur économique du pays (60% de la population active et 30% du PIB).
Et, contrairement à la République Dominicaine, Haïti ne peut compter sur la manne touristique. Le Club Méditerranée a fermé son dernier établissement en 2000. La ligne aérienne Paris-Port au Prince a été supprimée.
Enfin, dernière spécificité, l‘importance économique de la diaspora : un Haïtien sur cinq vit actuellement à l’étranger, soit 2 millions de personnes : 1 million en République dominicaine, 400.000 aux Etats-Unis, quelques milliers en France et au Canada. Chaque année, ce sont de 500 millions à 1 milliard de dollars qui sont envoyés au pays, ce qui représente jusqu'à 25% du PIB, soit 3 fois le budget de l’Etat.
De ce fait, le pays qui vit grâce à sa diaspora et à l’aide internationale, se retrouve dans une situation de profonde dépendance.
© Ritimo, Cdtm Montpellier, 2007
Un rendez-vous pour les parisiens: Ce samedi 28 juin 2008, à la Bourse du Travail, à Saint Denis (93), se déroule la 5ème journée Portes Ouvertes des associations franco-haïtiennes.
Pour plus d’infos :
www.collectif-haiti.fr
www.ritimo.org/dossiers_pays/ameriques/haiti/haiti_intro.html
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